Quand la justice humaine protège les animaux

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Il y a quelques jours une très bonne nouvelle ouvrait les journaux télévisés espagnols: la propriétaire d’un refuge pour animaux de Torremolinos près de Málaga était condamnée à plus de trois années de prison pour « délits continus de maltraitance envers des animaux domestiques, falsification de documents officiels et délit d’intrusion professionnelle ». Cette sentence est historique. Pour la première fois dans ce pays, une personne va devoir aller en prison pour maltraitance animale. Malheureusement, les cas où les tribunaux humains rendent justice en faveur des animaux sont trop peu nombreux. Il est tristement commun de voir des condamnations pour maltraitance animale se solder en une sanction économique ou administrative, et ce dans de nombreux pays. La condamnation à une peine de prison de Carmen Marín, la propriétaire de Parque Animal est une première victoire pour les défenseurs des droits des animaux. À présent, nous espérons que tous les tribunaux suivront l’exemple de cette condamnation et que les violences exercées envers les animaux seront lourdement punies.

La justice espagnole a dicté une sentence sans précédents

Dans son refuge pour animaux en Andalousie, Carmen Marín administrait des injections de produits pour l’euthanasie aux animaux, sans anesthésie et avec des doses inférieures aux habituelles, dans le but de faire des économies. Cela provoquait le décès des chiens et chats du centre après une longue et douloureuse agonie. Les animaux étaient en bonne santé et cette euthanasie n’était en aucun cas justifiée. À plusieurs occasions la directrice du centre a euthanasié des portées entières de chiots et chatons ainsi que des femelles en état de gestation. Mais les infractions de Carmen Marín ne s’arrêtent pas là: en administrant des produits entraînant la mort sans le diplôme requit elle commettait également un délit d’intrusion professionnelle. De la même manière, elle réalisait la falsification de documents officiels en imitant la signature et le tampon de plusieurs cliniques vétérinaires sur les listes d’animaux incinérés dans son centre afin de percevoir une rémunération pour ce service de la part de la mairie de sa commune. Après une enquête exhaustive et un long processus judiciaire c’est enfin le 9 novembre dernier que le juge du tribunal pénal de Málaga a confirmé la condamnation de Carmen Marín à trois ans et neuf mois de prison et d’une amende de 19 800 euros. Cette peine historique a été possible en grande partie grâce au travail acharné de l’organisation de protection des animaux El Refugio qui s’est porté comme partie civile dans ce procès et a dédié énormément de temps et d’énergie afin que ce crime ne reste pas impuni.

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Carmen Marín lors de son procès – Capture d’écran de TVE

Pendant deux ans plus de 2 000 animaux ont été tués

Trois ans et neuf mois qui semblent bien peu en comparaison avec la vie des milliers d’animaux que « l’exterminatrice de Parque Animal » a fauché avec une immense cruauté comme unique critère pour guider ses actes. Depuis l’organisation de protection des animaux El Refugio, son directeur Nacho Paunera raconte comment Marín et son équipe éteignaient les caméras de sécurité du centre et augmentaient le volume de la musique afin de masquer le bruit provoqué par l’agonie des animaux. Il ajoute, « lors des mois d’été ils pouvaient réaliser jusqu’à trois exterminations groupées par semaine. Le rythme de ces euthanasies injustifiées était tel que l’accusée a acheté 15 litres de produit pour réaliser les injections, c’est-à-dire 25 fois plus que la dose consommée normalement par une clinique vétérinaire lors de ces mêmes dates ».

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Nacho Paunera le directeur de El Refugio se réjouit de cette condamnation historique en levant les bras au ciel avec un t shirt où l’on peut lire le mot « cárcel », prison en espagnol. Photo: ElRefugio.org

Des jours de congé pour prendre soin  de son chien malade

Bien heureusement, la justice protège également les animaux non seulement pour condamner les mauvais traitements qui pourraient leur être infligés mais aussi pour veiller à leur bien-être. Il y a quelques mois c’est un tribunal italien qui dictait une sentence exemplaire pour la protection des droits des animaux. Une employée de l’Université La Sapienza de Rome s’est vue reconnaître le droit à deux jours de congés payés pour rester au chevet de sa chienne de 12 ans suite à une opération pour une tumeur dans le larynx.

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Photo: Facebook de l’association Protectrice des Animaux LAV

Cette opération était indispensable pour essayer de sauver la vie de Cucciola la chienne d’Ana. Vivant seule, Ana n’avait personne pour l’aider à prendre soin de sa chienne convalescente après la chirurgie. Elle a donc demandé deux jours de congé au travail en expliquant sa situation. Elle a été extrêmement surprise quelques temps plus tard lorsqu’elle s’est rendu compte que ces deux jours avaient été décomptés en tant que « vacances » par son employeur. Avec l’aide de l’association protectrice des animaux LAV, Ana est allé devant les tribunaux et les juges lui ont donné raison. C’est le Code Pénal italien qui reconnaît ce droit à Ana puisqu’il considère l’abandon et la maltraitance animale comme un délit. Selon la sentence établie en sa faveur, Ana avait droit à ces jours de congé pour « grave motif familial et personnel ». Ana occupe un poste de bibliothécaire dans une université publique, elle est donc fonctionnaire d’État. La Sapienza de Rome s’est vue obligée à suivre la décision prise par les juges et à modifier le motif de son absence. Le président de la LAV qui a soutenu Ana dans sa démarche explique « ce cas sans précédent est très important, cela implique la prise de conscience de la part de la société du fait que les animaux de compagnie sont des membres à part entière d’une famille, il est temps que la loi le reconnaisse ».

De l’autre côté des Alpes, en France, c’est également le Code pénal qui traite ce genre de cas via son article 512-1. Celui-ci prévoit deux ans de prison et 30 000 euros d’amende comme peine maximale pour toute personne maltraitant un animal. Cette peine est bien maigre si on l’a compare avec les sanctions prévues pour le reste des délits. Depuis Gudog nous espérons qu’un jour prochain les cas de justice pour les animaux ne feront plus les gros titres des journaux et passeront à être un fait complètement normal pour la société.

Il existe une pétition de la Fondation 30 Millions d’Amis pour que l’article 512-1 du Code pénal soit revu et que les sanctions pour la maltraitance animale soient plus lourdes. N’hésitez pas à la signer.

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