1er février: Journée mondiale du galgo, le lévrier espanol

journée mondiale du galgo

Le 1er février, Journée Mondiale du galgo

Le 1er février c’est la Journée Mondiale du galgo ou lévrier espagnol. Chez Gudog, nous adorons cette race et avons souhaité lui rendre hommage dans un article sur notre blog. La date du 1er février n’a pas été choisie au hasard. Le deuxième mois de l’année correspond à la fin de la saison de la chasse dans de nombreuses régions d’Espagne, pays d’origine de cette race. C’est à ce moment-là que beaucoup de chasseurs ou autres éleveurs de lévriers décident que ces chiens, qu’ils considèrent comme des « outils » plus que comme des êtres vivants, ne leur sont plus d’aucune utilité. Ils avaient choisi de se servir d’eux pour leurs capacités physiques exceptionnelles et comme ils ne vont pas pouvoir en tirer profit lors des mois à venir, ils préfèrent tout simplement s’en débarrasser. Dans le centre et le sud de l’Espagne, de nombreux galgos sont alors abandonnés en pleine nature. D’autres sont cruellement assassinés, pendus à quelques mètres du sol pour souffrir d’une longue agonie, brûlés vifs ou enterrés vivants. Nous voulons donner une voix aux galgos, faire connaître leur situation au grand public. Pour que cette race majestueuse ne soit plus impunément massacrée. C’est pour cela que nous avons écrit ce post sur Gublog.

La situation des galgos en 2018

Afin de connaître la situation actuelle des galgos en Espagne nous avons contacté Yolanda Herrero Rico qui avec sa marque de produits pour galgos « Galguita Amelie » est engagée depuis plusieurs années dans la défense des droits de ces animaux. Nous avons également parlé avec Umberto Giacomelli, président de l’ONG SOS Galgos qui a eu la gentillesse de nous livrer son témoignage.

Yolanda est tombée amoureuse des galgos il y a plusieurs années. À ses yeux, ce sont des êtres « extrêmement sensibles, nobles et bons ». Elle avait déjà eu des chiens d’autres races par le passé, mais c’est alors qu’elle apportait son aide en tant que bénévole dans un refuge pour animaux qu’elle a rencontré Amelie, une femelle galgo pour laquelle elle a eu un coup de foudre immédiat et qu’elle a décidé d’adopter. Alors qu’elle cherchait un collier adapté à l’anatomie d’Amelie, elle s’est rendu compte que les produits qui existaient sur le marché n’étaient pas à son goût. Les galgos ont un cou très long et une tête très fine, c’est pourquoi il est préférable de leur faire porter un collier spécial, dans lequel ils ne risquent pas de passer la tête pour essayer de s’échapper si quelque chose les effraie lors d’une promenade. Yolanda a donc décidé de créer sa propre marque d’accessoires pour galgos, dans des tons et des imprimés colorés et joyeux. C’est tout naturellement qu’elle lui a donné le nom de Galguita Amelie.

Lorsque nous lui demandons des informations sur la situation actuelle de la race, Yolanda nous raconte qu’en Espagne il y a 190 000 éleveurs professionnels de galgos et de podencos (autre race victime du même genre de maltraitance) qui utilisent ces chiens pour la course ou la chasse. Au bout d’un moment, ils décident que ces chiens ne sont plus « utiles », à la fin de la saison de la chasse ou lorsque l’animal prend de l’âge et perd son agilité physique. À ce moment-là, ils décident de s’en séparer. Pour Yolanda cette situation est insoutenable et les associations qui essayent de sauver ces chiens de la maltraitance et de l’abandon sont débordées. Elle insiste sur le fait que leur travail est très important mais que pour apporter une véritable solution à ce problème il faudrait changer les lois et punir fermement les auteurs de ces maltraitances et abandons. Tant que cette étape ne sera pas franchie, le travail des bénévoles est indispensable: « il y a beaucoup de travail à faire, […] les associations ont grandement besoin d’aide ». 

 

Umberto Giacomelli SOS Galgos

Umberto Giacomelli, Président de SOS Galgos

D’un autre côté, Umberto Giacomelli nous parle de l’association dont il est président, SOS Galgos. Cette association à but non lucratif a été fondée il y a 18 ans par Anna Clements et Albert Sordé avec un objectif: faire fermer le dernier cynodrome de Barcelone et donner une deuxième chance dans la vie aux près de 700 chiens qui s’y trouvaient. En unissant leurs efforts avec d’autres associations, ils y sont parvenu. Depuis, ils travaillent sans relâche au sauvetage, à la protection et à l’adoption des galgos. Lors de la création de SOS Galgos, il leur était impossible d’établir des chiffres officiels par rapport au numéro de galgos qui pourraient être victimes de cette situation, mais au fil des années, en partageant leurs informations avec d’autres associations, ils sont parvenus à établir une moyenne: 50 000 galgos par an.

SOS Galgos travaille sur plusieurs fronts. Tout d’abord, ils se chargent de trouver des galgos abandonnés sur tout le territoire espagnol et organisent leur transport jusque dans leurs installations dans la banlieue de Barcelone. À ce moment-là, chaque chien passe par une période de « réadaptation », parce qu’au-delà de l’abandon, ils ont souvent souffert des maltraitances et les cicatrices tant physiques que psychiques sont difficiles à estomper. Les chiens effectuent un séjour en familles d’accueil pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois si cela est nécessaire, pour se réadapter (ou dans certains cas apprendre depuis le début) à la vie avec des êtres humains.

Umberto nous raconte que certains animaux ont toujours vécu à la campagne ou enfermés dans un hangar et que parfois ils ignorent comment réaliser des tâches aussi anodines que de prendre un escalier ou se promener au sein des bruits propres à un paysage urbain. Souvent, ces chiens souffrent d’une anxiété profonde mais grâce à l’aide des bénévoles et des vétérinaires, ils finissent par retrouver la sérénité propre à cette race et se montrent tels qu’ils sont, des « animaux merveilleux ».

Après la réadaptation, place à l’adoption. Pour SOS Galgos il est primordial de trouver une famille adaptée pour chaque chien, leur objectif principal est de « parvenir à une adoption heureuse ». Ils travaillent d’arrache-pied pour y parvenir, en réalisant des entretiens avec chaque adoptant potentiel, ils leur posent une série de questions, visitent leurs domiciles et s’assurent qu’ils réunissent toutes les conditions pour qu’un chien ou une chienne puisse couler des jours heureux chez eux. Les adoptants reçoivent un suivi personnalisé avec des conseils après l’adoption, surtout s’il s’agit de la première fois qu’ils vivent avec un chien. Tout cela pour qu’ils puissent résoudre tous les doutes pouvant se présenter à eux, mais surtout pour veiller à la priorité de SOS Galgos: le bien-être de ces chiens.

Le travail de SOS Galgos ne s’arrête pas là. Ils savent que pour qu’à l’avenir les situations de maltraitance et d’abandon ne se reproduisent plus, la prise de conscience de la population et l’éducation des nouvelles générations sont deux aspects primordiaux. Pour cela, ils organisent des ateliers dans des écoles, afin que les jeunes enfants reçoivent une formation sur la responsabilité qu’engendre le fait d’avoir un animal. La fondatrice de SOS Galgos est elle-même maîtresse d’école, et à ses yeux il est urgent de transmettre dès le plus jeune âge des valeurs comme le respect et l’empathie pour la cause animale.

Lorsque nous demandons à Umberto ce que peuvent faire les personnes qui souhaitent aider les galgos, il nous répond qu’il existe de nombreuses manières de participer, selon les disponibilités de chacun. Il est par exemple possible d’apporter une aide financière à l’association, de manière ponctuelle ou récurrente. Le bénévolat est une autre manière d’aider mais il est important de savoir qu’on attend de la part des bénévoles un engagement, ne serait-ce que sur le moyen terme. L’adoption d’un galgo est un autre geste merveilleusement généreux, qui permet de donner une seconde chance à un animal qui a eu un début de vie compliqué. Mais parmi toutes les manières d’aider, la plus altruiste est sans doute la famille d’accueil. Umberto a d’ailleurs énormément de sympathie envers ces personnes qui « aident d’une manière fantastique, totalement empathique et tant nécessaire ». 

Une « compagnie sereine »

À la question « pourquoi le galgo? », Umberto nous répond qu’il a eu un coup de race pour cette race de chiens en particulier parce que ce sont des animaux doués d’une élégance innée. Ils sont tranquilles, doux et tendres. Ils dégagent quelque chose de spécial, ce sont d’ailleurs d’excellents chiens de thérapie. Avec les chiens de SOS Galgos, Umberto rend visite à des personnes âgées dans des maisons de retraite, et à de jeunes handicapés en foyer. Les chiens parviennent à tisser un lien précieux avec ces personnes et ils transmettent leur tranquillité. Umberto aime tellement cette race qu’il partage sa vie avec 8 galgos et il résume très bien ce que ses chiens lui apportent au quotidien: « une compagnie sereine ». 

Photo principale: Instagram de @marcogalgo

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